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Vos collègues existent, ils sont juste ailleurs : s'entourer quand on est freelance 👋

Vos collègues existent, ils sont juste ailleurs : s'entourer quand on est freelance 👋

« Tu vas te retrouver tout seul. » C'est l'une des phrases qu'on entend le plus souvent en annonçant qu'on se met à son compte, et elle est presque toujours prononcée avec bienveillance. Elle est aussi, la plupart du temps, inexacte. S'entourer quand on est freelance ne ressemble simplement pas à ce qu'on a connu en entreprise : plus de trombinoscope près de la machine à café, plus de plan de bureaux, plus de collègue dont le prénom apparaît par défaut dans la réunion du mardi. Les collègues sont toujours là. Ils sont juste dispersés, et surtout ils ne se sont jamais présentés comme tels.

Le mois d'août est un excellent moment pour s'en apercevoir. Les boîtes mail se vident, l'agenda se creuse, et il reste ce petit noyau de personnes avec qui on continue d'échanger. Ce noyau, c'est votre équipe. Elle existait déjà : personne ne vous avait dit de la compter.


Le trombinoscope invisible : faites le compte, vous avez des collègues

Prenez trois minutes ce matin, avant d'ouvrir quoi que ce soit. Listez les personnes avec qui vous avez parlé de votre travail au cours des trente derniers jours. Pas vos clients : les autres. Celles à qui vous avez envoyé une capture d'écran à 23 h pour demander « tu ferais quoi, toi ? ». Le confrère qui vous a dit, un peu gêné, combien il facturait sa journée. La personne croisée au coworking qui vous a prêté un adaptateur puis expliqué en deux minutes comment elle organise ses relances. Le fil de discussion où quelqu'un a écrit « quelqu'un a déjà travaillé avec ce client ? » et où six réponses sont tombées en une heure.

Faites la liste honnêtement et vous obtenez, en général, entre cinq et quinze noms. C'est un trombinoscope. Il n'est affiché nulle part, il n'a pas d'organigramme, personne ne l'a validé — mais il remplit exactement la fonction que remplissaient vos anciens collègues : donner un avis, dédramatiser, dépanner, et parfois simplement écouter.

La différence tient en une phrase, et elle compte : en entreprise, cette équipe vous est fournie. En indépendant, elle se construit. Lentement, par petites touches, et le plus souvent sans qu'on s'en rende compte.


Surmonter la solitude en freelance ne commence pas par un événement de networking

Le conseil classique tombe très vite dès qu'on aborde le sujet : « va à des événements ». Il n'est pas mauvais et il fonctionne très bien pour certains. Mais il rate souvent la cible, parce qu'il répond à un problème de quantité alors que le problème est ailleurs.

Ce qui manque à un indépendant, ce n'est presque jamais le nombre de contacts. C'est la possibilité de dire « j'ai un doute » à quelqu'un qui comprend immédiatement de quoi il s'agit, sans avoir à expliquer ce qu'est un devis, un acompte, une facture qui traîne ou un client qui répond trois semaines plus tard. Un carnet d'adresses de deux cents personnes ne remplace pas trois interlocuteurs qui connaissent le métier.

C'est aussi pour cela que le silence d'août pèse plus lourd qu'il n'en a l'air : comme on l'écrivait à propos du mois le plus silencieux de l'année (https://moze.fr/blog/aou-t-le-mois-le-plus-silencieux-pourquoi-les-inde-pendants-s-y-sentent-seuls), ce n'est pas la charge de travail qui baisse, c'est le nombre d'occasions de parler à quelqu'un. Bonne nouvelle : ces occasions-là se fabriquent.


Rencontrer d'autres indépendants : les trois cercles qui se construisent tout seuls

À force d'observer comment se forment ces équipes invisibles, on retrouve à peu près toujours les mêmes trois cercles. Aucun ne se décrète, tous se constatent.

Le cercle du lieu

Ce sont les gens que vous voyez parce que vous êtes au même endroit : le coworking, la bibliothèque du quartier, le café où vous avez fini par avoir votre table. Vous ne faites pas le même métier, vous ne travaillerez sans doute jamais ensemble, et ce n'est pas grave. Ce cercle ne sert pas à décrocher des missions. Il sert à ce que la journée ait un rythme, une pause et deux ou trois conversations qui ne parlent pas de facturation.

Le cercle du métier

Ce sont celles et ceux qui font la même chose que vous, ou presque. C'est le cercle le plus utile, et paradoxalement le plus long à construire, parce qu'il faut d'abord dépasser l'idée qu'un confrère est avant tout un concurrent. Dans les faits, un pair qui exerce le même métier est la seule personne capable de vous dire si votre estimation est réaliste, si ce client-là est connu pour payer à quatre-vingt-dix jours, ou si vous êtes en train de sous-évaluer une prestation. C'est ce cercle que viennent nourrir les communautés de freelances qu'on rejoint sur un coup de tête et qu'on garde des années.

Le cercle de la confiance

Le plus petit — deux ou trois personnes — et de loin le plus précieux. Ce sont celles à qui vous confieriez une mission sans hésiter, et qui vous en confieraient une en retour. Ce cercle ne se construit pas en se présentant : il apparaît après quelques échanges qui se sont bien passés, et il change beaucoup de choses le jour où vous êtes débordé, malade ou en vacances.


Collaborer entre freelances : le collègue qui prend le relais 🤝

Il arrive un moment où l'entraide cesse d'être uniquement morale et devient très concrète. Vous partez une semaine et un client attend une livraison pendant votre absence. Ou l'inverse : une demande arrive, elle est intéressante, et vous n'avez matériellement pas le créneau.

C'est exactement là que le trombinoscope devient une ressource. Sur Moze Connect, deux fonctionnalités répondent à ces deux situations. La facturation collaborative permet de se faire remplacer sur une mission par un pair du réseau, proprement, sans montage compliqué ni facture bricolée entre vous. L'apport d'affaires permet de transmettre à quelqu'un du réseau une demande qu'on ne peut pas honorer — ou d'en recevoir une, ce qui est souvent la première bonne surprise du dispositif. Nous racontions justement l'histoire d'une graphiste qui avait refusé un projet faute de temps (https://moze.fr/blog/trop-de-demandes-pas-assez-de-temps-transformez-vos-refus-en-revenus-gra-ce-a-l) : un refus se transforme rarement en revenu tout seul, mais il le fait très bien quand on a quelqu'un à qui le passer.

Et pendant ce temps, tout ce qui n'est pas humain continue de tourner de son côté : les factures se rangent, le livre de comptes se remplit, les seuils de TVA sont surveillés et la conformité Factur-X est prête pour l'échéance de septembre. On n'est jamais aussi bien entouré que lorsqu'on n'a pas besoin d'appeler à l'aide pour sa paperasse.


S'entourer quand on est freelance : trois gestes à faire cette semaine

Aucun ne demande d'aller serrer des mains dans une salle avec un badge autocollant sur la poitrine.

Le premier, c'est répondre. Quand quelqu'un pose une question dans un fil professionnel et que vous connaissez la réponse, prenez les quarante secondes. C'est de très loin la manière la plus rapide et la moins coûteuse d'exister dans un réseau, et c'est probablement la meilleure façon de sociabiliser en freelance sans que cela ressemble à un exercice.

Le deuxième, c'est demander. Poser une vraie question — sur un tarif, un outil, une clause de contrat — vaut mieux que dix messages de présentation. Les gens répondent volontiers à ce qui est précis, beaucoup moins à ce qui est vague.

Le troisième, c'est nommer. Dire à un pair « si un jour tu es débordé, pense à moi » transforme une relation cordiale en collaboration possible. C'est très exactement ce que fait Moze Place, l'espace d'échange entre indépendants de Moze Connect : mettre en relation des gens qui ont le même quotidien et qui, sinon, ne se seraient jamais croisés. Plus d'informations sur moze.fr.


L'autonomie n'a jamais voulu dire travailler seul

Le baromètre évoqué dans notre article sur ce que les chiffres disent de la vie d'indépendant (https://moze.fr/blog/le-lundi-motivant-ce-que-les-chiffres-disent-enfin-sur-la-vie-d-inde-pendant) montrait une chose très nette : ce que les indépendants apprécient le plus dans leur situation, c'est leur autonomie. Or l'autonomie n'a jamais impliqué de travailler seul. Ce sont deux choses différentes, et cette semaine du 15 août, calme comme il faut, est plutôt bien choisie pour s'en souvenir.

Alors, avant de replonger dans vos dossiers : combien de noms sur votre liste ?