
Vendredi, Léa quitte l'agence où elle travaille depuis cinq ans. Lundi, elle devient graphiste indépendante. Elle choisit ses horaires, ses projets, ses clients. Elle se sent libre. Et mardi, la première vraie question tombe : micro ou réel ?
C'est le point de départ de « Léa se lance », notre série vidéo en neuf épisodes sur les premiers pas d'une indépendante. Chaque épisode a son article, pour aller plus loin sur la question qu'il soulève. Et la première, celle qui fait ouvrir quinze onglets à 23 heures, mérite une réponse claire.
Micro ou réel : de quoi parle-t-on exactement ?
Quand on se lance seul, en entreprise individuelle, on choisit d'abord une façon de calculer ses impôts et ses cotisations. Deux grandes familles existent.
Le régime micro : simple et forfaitaire
En micro-entreprise, vous déclarez votre chiffre d'affaires encaissé, et c'est tout. Vos cotisations sociales sont calculées directement sur ce chiffre d'affaires. Pour l'impôt, l'administration applique un abattement forfaitaire censé représenter vos frais : vous n'avez donc pas à justifier vos dépenses une par une.
Côté paperasse, c'est le plus léger : un livre des recettes, un registre des achats si vous vendez des marchandises, et une déclaration mensuelle ou trimestrielle. Vous pouvez aussi, sous conditions, opter pour le versement libératoire, qui règle l'impôt en même temps que les cotisations.
Le régime micro est réservé aux activités qui restent sous un plafond de chiffre d'affaires. Pour 2026 à 2028, ce plafond est de 83 600 euros pour les prestations de services et les activités libérales, et de 203 100 euros pour la vente de marchandises et l'hébergement.
Le régime réel : vos vrais chiffres
Au réel, vous déclarez votre bénéfice réel : ce que vous avez encaissé, moins vos dépenses réellement engagées pour votre activité. Véhicule, outillage, matériel informatique, local, assurance, logiciels : tout ce qui est justifié vient réduire la base sur laquelle vous payez vos impôts et vos cotisations.
En contrepartie, la comptabilité est plus complète. La plupart des indépendants au réel se font accompagner par un expert-comptable, ce qui représente un budget à prévoir.
Les trois questions pour choisir
1. Quelles seront vos vraies charges ?
C'est la question centrale. Prenez une feuille et listez tout ce que vous allez dépenser sur une année pour exercer : déplacements, matériel, fournitures, assurance, abonnements. Comparez ensuite ce total à l'abattement forfaitaire du régime micro pour votre activité (le simulateur officiel de l'Urssaf, sur mon-entreprise.urssaf.fr, fait ce calcul pour vous).
Si vos vraies charges restent en dessous de l'abattement, le micro est presque toujours gagnant. Si elles le dépassent nettement, le réel mérite d'être étudié sérieusement.
2. Allez-vous investir lourdement au démarrage ?
Un véhicule utilitaire, un stock, un outillage complet, un local à aménager : les premières années concentrent souvent les plus grosses dépenses. Au réel, ces investissements comptent. Au micro, ils sont déjà « couverts » par l'abattement, quel que soit leur montant réel.
3. Vos clients sont-ils des particuliers ou des entreprises ?
La TVA joue aussi. En micro-entreprise, vous bénéficiez en général de la franchise en base de TVA : vous facturez sans TVA, ce qui rend vos prix plus doux pour des particuliers. Mais vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats. Si vos clients sont surtout des entreprises, qui récupèrent la TVA, et que vous achetez beaucoup de matériel, être assujetti à la TVA peut devenir un avantage.
Trois métiers, trois réponses
Nadia est aide à domicile. Ses dépenses se résument à quelques produits, son téléphone et ses trajets. Ses clients sont des particuliers. Pour elle, le micro est une évidence : simple, lisible, et sans comptable à payer.
Hugo est électricien. Il lui faut un utilitaire, un outillage complet, du stock de câbles et de matériel, une assurance décennale. Ses clients mélangent particuliers et entreprises. Pour lui, le calcul vaut la peine d'être fait : ses vraies charges peuvent dépasser l'abattement, et le réel peut lui faire gagner de l'argent dès la première année.
Léa, notre graphiste, a besoin d'un bon ordinateur et de quelques logiciels. Ses charges restent modestes, son activité démarre : elle choisit le micro, avec l'idée de refaire le point quand son chiffre d'affaires aura grandi.
Le bon réflexe : refaire le point chaque année
Votre choix de départ se révise. Quand votre chiffre d'affaires approche du plafond, quand vous investissez dans du matériel, ou quand vos clients deviennent surtout des entreprises, c'est le moment de reposer la question. L'option pour le réel se demande auprès de l'administration fiscale, à des dates précises : vérifiez-les sur impots.gouv.fr ou avec un expert-comptable avant de vous décider.
Gardez aussi un œil sur l'actualité du régime : un rapport remis au gouvernement en 2026 propose plusieurs changements, dont rien n'est encore voté. On a détaillé les pistes de réforme de la micro-entreprise et les solutions pour prendre de l'avance. Et dans tous les cas, la facture électronique arrive pour tout le monde : notre série sur la facturation électronique vous explique tout, étape par étape.
Ce que fait Léa dans l'épisode 1 💡
Léa, elle, a vite arrêté de collectionner les onglets. Elle a créé son compte MozeConnect et rejoint le groupe « Légal Actus et facturation », la veille légale du réseau. La réforme y est expliquée simplement, avec le lien vers le simulateur officiel. Il lui restait une question : elle l'a posée sous l'article, et des membres passés par là lui ont répondu.
C'est tout l'esprit de la série : à chaque étape, Léa trouve ses réponses sur le réseau, puis avance avec ses propres clients et ses propres partenaires. Dans l'épisode 2, Léa décroche sa première cliente, et on vous explique sa méthode pour trouver ses premiers clients.
Et vous, qu'avez-vous choisi à vos débuts ? Posez votre question ou partagez votre expérience sur MozeConnect, ou découvrez le réseau sur moze.fr.
