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Collectif d'indépendants : à trois sur un projet, qui facture ? 🤝

La vidéo de Léa

Un mois a passé. Marc, un ami de Sophie, ouvre son restaurant et il lui faut tout : un logo, un site, des photos de la salle et des plats. Léa sait faire le logo. Pour le site, elle pense à Julien, son ancien collègue développeur. Pour les photos, à Emma, une amie photographe. L'équipe est trouvée en dix minutes. Reste la question qui fait hésiter tous ceux qui montent un collectif d'indépendants pour la première fois : à trois sur un projet, qui facture ?

C'est le sujet de l'épisode 6 de « Léa se lance », notre série vidéo sur les premiers pas d'une indépendante. Et la question est moins simple qu'elle n'en a l'air.

Le piège : celle qui encaisse tout avance tout

Le réflexe le plus courant, c'est la version grise que Léa imagine d'abord. Elle fait un seul devis à son nom pour Marc, encaisse la totalité, puis reverse leur part à Julien et à Emma. Simple sur le papier. Sauf que Léa avance alors l'argent des autres avec sa propre trésorerie. Et si Marc paie en retard, c'est elle qui fait attendre toute l'équipe.

Il y a aussi un effet moins visible : tout ce qu'elle encaisse compte dans son propre chiffre d'affaires, y compris la part qui revient à ses partenaires. Pour une micro-entrepreneuse, ce détail pèse sur ses cotisations et sur les seuils de son régime.

L'autre réflexe, trois devis séparés, protège chacun mais complique la vie du client : Marc doit comparer, signer et payer trois fois, et personne ne coordonne l'ensemble.

Les montages sérieux pour un collectif d'indépendants

Quand plusieurs indépendants travaillent pour un même client, le droit offre quelques cadres bien identifiés. Aucun n'est « le bon » dans l'absolu : tout dépend de qui porte la responsabilité face au client.

La sous-traitance : un seul responsable face au client

La loi du 31 décembre 1975 définit la sous-traitance comme l'opération par laquelle un entrepreneur confie, sous sa responsabilité, l'exécution d'une partie de son contrat à un autre, le sous-traitant. Concrètement, Léa signerait seule avec Marc et confierait le site à Julien et les photos à Emma. Elle resterait responsable de tout le travail livré, y compris celui des autres. C'est le cadre le plus courant, et nous avons détaillé ses obligations dans notre article sur la sous-traitance, le cadre le plus courant.

La co-traitance et le groupement momentané d'entreprises

Dans un groupement momentané d'entreprises, plusieurs entreprises s'associent le temps d'un projet, sans créer de société. Chacune est cotraitante et s'engage sur sa part. Le cadre est précisément décrit pour les marchés publics par le code de la commande publique, qui distingue le groupement conjoint, où chaque membre ne répond que de ses propres prestations, et le groupement solidaire, où chacun s'engage pour la totalité. Un mandataire, désigné parmi les membres, représente le groupement et coordonne les prestations. Entre particuliers et entreprises privées, ce fonctionnement repose surtout sur la liberté contractuelle : d'où l'intérêt d'une convention écrite. Tout est expliqué dans notre article sur la co-traitance et le groupement.

Le portage salarial : un statut, pas un collectif

On cite souvent le portage salarial quand on parle de travailler « sans entreprise ». C'est une relation à trois entre une entreprise de portage, la personne portée et le client : le client paie l'entreprise de portage, qui verse un salaire à la personne portée. C'est donc un choix de statut individuel, pas une façon d'organiser une équipe. Et il exclut certaines activités, dont les services à la personne, comme le rappelle la fiche du ministère de l'Économie.

La méthode de Martine : un devis, un paiement, chacun sa facture

Léa pose sa question dans le groupe MOZE Talk. Martine lui parle de la facturation à plusieurs, Karim explique le paiement unique, Thomas, agent immobilier, raconte qu'il travaille déjà comme ça, à trois. La méthode tient en trois temps.

Un : on choisit un chef de file. Il prépare le devis commun et coordonne. Deux : chacun déclare sa ligne, avec sa prestation et son montant, et en reste seul responsable. Trois : chacun valide le bordereau récapitulatif, en ligne. Le client signe un seul devis et paie une seule fois, puis le paiement est réparti entre les coéquipiers.

Dans MozeConnect, c'est ce que fait la facturation collaborative. Le chef de file n'a ni mandat de représentation ni solidarité financière : il n'avance rien et ne répond pas du travail des autres. Le paiement passe par un prestataire de paiement agréé, qui le répartit selon le bordereau. Chacun garde son compte, son statut et sa propre facture. Moze décrit ce cadre comme un groupement momentané « de fait », sans société : lisez les conditions sur moze.fr avant de vous lancer, et vérifiez que ce fonctionnement convient à votre projet.

Trois collectifs, trois métiers

Hugo est électricien. Un client rénove sa salle de bains et veut un seul interlocuteur. Hugo s'associe à un plombier et à un carreleur qu'il connaît depuis des années : chacun déclare sa partie, chacun reste responsable de son travail et de ses assurances, et le client signe un seul devis.

Nadia est aide à domicile. Une cliente déménage et veut faire nettoyer l'ancien logement et remettre en état le petit jardin. Nadia propose de le faire avec un voisin jardinier qu'elle connaît bien : un devis commun, deux lignes, deux parts.

Léa, elle, réunit le logo, le site et les photos pour le restaurant de Marc. Trois métiers, trois indépendants, un seul devis.

Ce que fait Léa dans l'épisode 6 ✨

Léa n'a trouvé ni Julien ni Emma sur le réseau : Julien est son ancien collègue, devenu son premier partenaire quand elle a appris à proposer une collaboration à un freelance, et Emma est une amie. Ce que le réseau lui a apporté, c'est la méthode. Elle écrit à Emma avec un message personnel, Emma rejoint MozeConnect, et Léa devient cheffe de file. Julien ajoute le site, Emma les photos, chacun valide le bordereau. Marc signe un seul devis, paie une seule fois, et chacun reçoit sa part sans rien avancer. Le soir même, Léa partage la nouvelle sur le fil : son premier collectif.

Sur ce même fil, une question attire son attention : Nadia s'inquiète de ses tarifs. Dans l'épisode 7, c'est Léa qui répond, et on vous explique quoi faire quand un client trouve trop cher. 

Et vous, avez-vous déjà monté un projet à plusieurs ? Partagez votre expérience sur MozeConnect, ou découvrez le réseau sur moze.fr.

Épisode suivant · 7

Votre client trouve trop cher ? La réponse de Léa 💬

Nadia, aide à domicile, s'apprête à baisser ses prix parce qu'une cliente les trouve trop élevés. Cette fois, c'est Léa qui lui répond sur le réseau. L'épisode 7 de « Léa se lance », et ce qu'il faut faire avant de toucher à son tarif.

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